22Jan/14

Les écoliers jouent les cobayes pour les BP JEPS

Au CFA Interprofessionnel, les élèves du brevet professionnel jeunesse de l’éducation populaire et des sports ont passé leur examen blanc avec... des écoliers de 4 à 6 ans comme cobayes.

Nathalie, ex aide à domicile, s’en sort bien, même si elle travaille avec des personnes âgées au quotidien.

Les couloirs du CFA Interprofessionnel de Charleville-Mézières résonnaient, une fois n’est pas coutume, de rires d’enfants. Mais ces écoliers de Chémery-sur-Bar n’étaient pas là pour prendre des cours, mais au contraire pour servir de cobaye à des étudiants. En l’occurrence, les élèves du brevet professionnel jeunesse de l’éducation populaire et des sports, spécialité animation sociale (Jeps).

Un diplôme obligatoire pour les animateurs

« On a décidé de les mettre en situation devant une quarantaine d’enfants », explique Franck Manière, responsable pédagogique du CFA. Et leur examen de fin d’année se passant en mars, c’est un peu un bac pro blanc qui leur était présenté. Autant dire que la concentration des stagiaires était au maximum ».

Le thème était les agrumes, ils ont donc travaillé en amont pour proposer des activités adaptées à l’âge de leurs participants.

Résultat : confection d’une tarte au citron et ateliers autour des aliments. « Je travaille en unité Alzheimer d’habitude, explique Nathalie, l’une des stagiaires, alors travailler avec des enfants, je n’en ai pas l’habitude mais ça se ressemble au niveau de la stimulation des sens. »

Comme elle, la plupart s’en sortent bien. Anna-Paula qui œuvre dans la prévention contre le tabagisme, apprend à guider un nouveau public à travers une sensibilisation à la bonne utilisation d’une brosse à dents. Un conte sur une grenouille et une princesse qui ne se lave pas les dents, et le tour est joué ! Les enfants sont captivés.

Elvina est malgré tout un peu déçue : « J’avais préparé un atelier autour de la digestion mais on m’a demandé de changer parce que c’était trop court et pas vraiment pour eux. » Travailler avec des enfants, c’est aussi s’adapter. Une chose qu’a fait Laury, qui travaille dans un centre social, essentiellement avec des adultes : « C’est un public inconnu pour moi ! Je voulais que les élèves classent les aliments dans les catégories salé, sucré, acide ou amer mais on m’a dit qu’ils étaient un peu trop petits pour ça. Alors, j’ai changé et maintenant, ils font des collages en les classant dans les catégories « j’aime » ou « j’aime pas ».

« Tout ce qu’ils font là est inscrit dans le programme, explique Benoît Carlin, professeur des écoles. Ici, c’est du concret et les stagiaires arrivent bien à les captiver. » Une journée qui servira à l’enseignant par la suite : «  Je leur ferai raconter ce qu’on a fait. De cette manière, on travaillera le lexique et la syntaxe. »

Les adultes, eux, sont évalués sur des critères plus stricts : sécurité, adaptation au jeune public, réinventer la recette par rapport aux enfants en charge. « Certains ne savent pas lire, constate Sabrina Auprêtre, alors ils doivent plutôt jouer sur les images pour leur faire comprendre la recette. » La formation finit au mois de mars et la prochaine aura lieu en septembre. « Maintenant, tous les animateurs doivent posséder ce diplôme, explique le, responsable pédagogique du CFA. Ce n’est pas une formation réservée aux jeunes. Nous accueillons beaucoup de reconversions. »

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